On
ne vit pas pour se soigner, mais on se soigne pour vivre
! L’éducation thérapeutique signifie
sans conteste, « apprendre à se soigner ».
Pour
un malade chronique respiratoire, il s’agira sans
doute de :
• bien apprendre à observer son traitement,
• savoir utiliser son dispositif d’assistance
respiratoire
• bien prendre ses médicaments… bref,
suivre le plus correctement possible la prescription médicale
de son médecin.
Pour
les professionnels, le champs d’éducation ainsi
décrit, semble suffisant.
Pour les personnes malades, en revanche, c’est
bien avant et bien après qu’elles « auraient
aimé savoir… », mais savoir quoi ? Et
pourquoi ?
Apprendre
à être malade - Apprendre à se soigner
Il suffit d’entendre les témoignages, et d’analyser
les appels et les demandes de «Respir’Ecoute»
pour tenter d’y répondre. Du point de vue de
« l’usager », l’éducation
thérapeutique renvoie à la notion : apprendre
à être malade et oblige à préciser
ce qui doit être appris et quels sont les bénéfices
attendus.
C’est
en reprenant scrupuleusement le parcours d’une personne,
bientôt identifiée « malade chronique
», que nous pouvons repérer :
• les contenus
• les moments
• les lieux
• les acteurs
• les moyens de ce qui pourrait être une bonne
Education Thérapeutique.
Annonce
de la maladie
Ce qui doit être entendu
et compris :
• la nature du dysfonctionnement
• les examens à faire
• le médecin spécialiste
• la nécessité d’un bon suivi
médical
• l’existence du traitement
• le caractère chronique de l’affection
• le nom de la maladie…
Le
« plus » attendu par les malades :
• hospitalisation publique ou privée ?
• où sont les bons professionnels ?
• combien çà coûte ?
• puis-je continuer à travailler ?
• puis-je partir en vacances ?…
Il
faudra donc répondre en abordant les points suivants
:
• la prise en charge de ce suivi (quels papiers avoir
sur soi, comment éviter l’avance des frais…)
• la demande du 100%
• la consultation hospitalière (consultation
privée, publique…)
• la consultation près d’un médecin
spécialiste privé (les possibilités
d’examens…)
• comment prendre un rendez-vous, nécessité
de prévenir en cas d’annulation…
• la prise en charge des transports…
• répondre aux questions concrètes du
malade et de sa famille à ce stade…
Mise
en place du traitement
Le malade est alors souvent hospitalisé soit dans
le public, soit dans le privé.
Ce qui doit être entendu
et compris et souvent dit :
• le nom du traitement et principe de fonctionnement
• la connaissance du matériel ou de l’appareillage
• quels sont les prestataires auxquels on peut s’adresser
• comment va se passer la phase d’apprentissage
• le suivi médical
• les incidents ou les signes qui doivent faire consulter
• le rôle du médecin traitant et du spécialiste
• ce qui est attendu par le médecin comme amélioration
• les associations de malades
• quelle documentation existe sur le sujet ?…
Le
« plus » attendu par les malades :
• qui va mettre en œuvre votre prescription ?
• y-a-t-il différents prestataires ?
• sont-ils tous agréés et compétents
?
• dois-je déménager pour installer ma
machine ?
• la machine et le couple sont-ils compatibles ?…
Il
faudra donc aborder les points suivants :
• avantages, inconvénients des différents
prestataires de services
• mise à disposition de documentation adaptée
• rencontre avec des malades déjà appareillés
• conseils pratiques pour le retour à domicile
(installation du dispositif…)
• où se trouve l’association la plus
proche ? (réunions…)
• ce qu’on peut en attendre…
Vivre
avec sa maladie et son traitement :
• comment bien vivre avec son appareillage au quotidien
?
• les déplacements (de courte durée,
les vacances…)
• les transports (en train, avion, voiture…)
• les assurances…
• le suivi médical
• les aides à domicile pour les soins, la toilette…
• la prise en charge…
Les
droits du malade
Les services d’aide
à la vie quotidienne :
• les aides humaines
• les aides techniques
• les prestations pour leur financement…
Les associations de malades
:
• activités
• publications
• groupes de paroles, réunions…
Nous
avons décrit ici le contenu par les malades, de ce
qui pourrait être une « bonne éducation
thérapeutique », il convient de s’attarder
sur les moyens à utiliser pour informer et éduquer
les malades, en respectant les personnes, les rythmes différents
d’acquisition, la singularité de chacun…
A
ce stade, nous tenons à rappeler, que les malades
ne doivent pas être les seuls à pouvoir bénéficier
d’une formation. Nombreux sont les médecins
qui demandent une formation post-universitaire digne de
ce nom et reconnue par les pouvoirs publics comme faisant
partie de leur activité.
Nous
les malades sur ce point nous les soutenons !
Pour les autres professionnels paramédicaux, des
formations spécifiques sur l’éducation
des malades chroniques sont souvent demandées. Tout
est nécessaire et doit être utilisé,
mais nous rappelons que tout questionnement sur sa pratique
et son attitude vis à vis du malade est un début
de formation.
Extrait
de : « La lettre du Nouveau Souffle » décembre
2003
Paru dans « SOUFFLE D’AMITIE » N°37
de Juin 2004