APPRENDRE
A MIEUX RESPIRER …
La
respiration est notre activité physique la plus vitale
et la plus importante. Mais, avec les années, le
souffle se modifie au point qu’il n’est pas
inutile de réapprendre à bien respirer.
Le
jeune enfant respire naturellement juste : au repos, il
a un souffle lent, régulier,
abdominal et ample. Avec l’âge, le stress, les
émotions, les tensions, le souffle se déplace
vers le thorax, son rythme devient irrégulier, son
amplitude diminue. Courte ou longue, inégale ou régulière,
notre façon de respirer est un indicateur précieux
de notre forme et de notre niveau d’émotion.
Une bonne respiration conditionne notre équilibre
physique et psychique et apporte le calme et l’énergie
nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme.
Apprendre à respirer mieux est donc une garantie
de bien-être.
On
oublie de souffler
« On peut survivre des semaines sans manger et plusieurs
jours sans boire mais pas
plus de quelques minutes sans respirer. Si la respiration
est vitale, elle se déroule tellement naturellement
que nous nous en préoccupons rarement. Ainsi, nous
sommes nombreux à mal respirer sans que nous en prenions
conscience ».
C’est
la constatation de Jacques Malaboeuf, kinésithérapeute
mézieriste, spécialisé dans le mal
de dos. « 94% de mes patients se crispent au moment
de l’inspiration, ce qui les empêche ensuite
d’expirer normalement. Ils oublient de souffler. Les
6% restants sont bloqués aussi bien à l’inspiration
qu’à l’expiration. Ces crispations sont
sources de douleurs. C’est pourquoi je commence toujours
ma rééducation par des exercices respiratoires
».
Ces
blocages agissent sur le souffle, son rythme devient anarchique,
son amplitude
s’amenuise. On se fatigue plus vite, on a moins de
résistance, on devient sujet aux infections respiratoires,
à des problèmes circulatoires, intestinaux.
Jacques Malaboeuf fait remarquer :
« De nombreux troubles tels que mal à l’estomac,
constipation, parfois des problèmes
gynécologiques, sont provoqués par des blocages
respiratoires ». Comment, alors, améliorer
notre respiration ? En agissant sur les causes ? Difficile
quand elles sont liées au vieillissement (avec l’âge,
nous avons tendance à bloquer notre respiration)
à un traumatisme (côtes cassées, coup
au niveau de l’estomac…) ou simplement au stress
auquel personne n’échappe.
La
clé de la détente
Il est toujours possible de s’entraîner à
respirer profondément. Par des exercices
réguliers, comme celui proposé par J. Malaboeuf
(voir exercice 2). Par une pratique
occasionnelle : chez vous, au bureau, dans les transports
en commun, prenez l’habitude de bien respirer. Assis
dos droit, les mains posées sur vos cuisses, grandisses-vous
sur une inspiration profonde de dix secondes et relâchez
l’étirement sur une longue expiration. Reprenez
l’exercice plusieurs fois.
Quand
on est stressé ou nerveux, la respiration s’accélère,
elle est haute et irrégulière. Quand on est
détendu, la respiration est lente, basse et profonde.
L’idéal serait de contrôler notre souffle
afin de mieux gérer nos contraintes et nos émotions.
C’est ce que proposent les techniques de relaxation
et des pratiques orientales comme le yoga. Il s’agit
non pas de rééduquer notre respiration, mais
d’en prendre conscience. « Dès que l’on
respire mieux, on se sent mieux, indique Reine Nesme, professeur
de yoga. Des exercices respiratoires réguliers font
travailler le diaphragme, trop souvent contracté,
lui redonnent élasticité et tonicité,
ce qui permet de retrouver la spontanéité
du souffle, de débloquer nos émotions et libérer
notre énergie ».
Améliorer
la qualité de sa respiration est à la portée
de tous. Bougez, marchez,
relaxez-vous et vous retrouverez le goût des grandes
respirations. Et n’oubliez pas que, quel que soit
l’exercice, la respiration doit toujours être
confortable, jamais crispée ou forcée.
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