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CES PLANTES VENUES D’AILLEURS ... dans l'asthme et l'insuffisance respiratoire
Paru en juin 2001 dans SOUFFLE D’AMITIE n°31

The Indian Tobacco ...
La lobélie, si elle porte le nom de Mathieu de Lobel (belge, 1536-1616), a en son lieu
d’origine des noms qui rappellent son utilisation : indian tobacco, wild tobacco, asthma weed (mais aussi vomit-wort, emetic herb, bladder pod,...).

Lobelia inflata est une Campanulacée d’origine nord-américaine (des Prairies vers le St
Laurent et le Sud-Est). Connue sur les territoires des Pawnees (prairies entre Mississippi et Missouri) des Mesquakies, des Potawatomis, elle est appelée inote’ wi (= tabac indien, pour L. cardinalis) et wapiskitce piki (= racine blanche pour L. siphilitica). Chez les Indiens des plaines la lobélie entrait dans la confection d’un charme (love medicine). On sait qu’elle était cultivée par les Cherokees pour ses propriétés médicales (Mooney, 1891). Cette drogue de toutes les tribus à l’est du Missouri fut aussi rapidement adoptée par les colons et les premiers écrits signalent que ce sont les autochtones qui la transmirent aux nouveaux venus.

Sa popularité, la lobélie la doit à Samuel Thomson qui fut accusé (puis disculpé) d’avoir
empoisonné un patient par une dose excessive de lobélie. Les sommités et les feuilles de lobélie furent à la Pharmacopoeia U.S. de 1820 à 1936 et dans le National Formulary de 1936 à 1960. Elle fut ensuite listée comme plante toxique en raison d’accident toxique par une automédication mal conduite (1981).

Notions modernes
A forte dose la lobéline, l’alcaloïde majeur ( à noyau Nméthylpipéridine), est toxique. L’hydrochloride de lobéline fut par contre utilisé dans la réanimation des nouveaux-nés (1973). La lobéline peut bien sûr être un poison nervin. Chez les Indiens la lobélie remplace le tabac et l’effet nicotine-like (ganglioplégique) de la lobéline explique l’intérêt de cette drogue qui par après figura dans les cigarettes anti-asthmatiques.

La lobéline est sympathicomimétique, antispasmodique et dilatatrice au niveau de l’arbre bronchique, au niveau central elle est stimulante du centre respiratoire du bulbe. Les alcaloïdes secondaires auraient une action expectorante. Fumer de la lobélie est psycho-actif positif et peut amener à une euphorie.

La teinture et la teinture mère de Lobelia inflata restent connues :
Glycyrrhiza glabra TM 30ml, Drosera rotundifolia TM 30ml, Hyssopus officinalis TM 20ml, Lobelia inflata TM 20ml, selon Hallez (1991).
Weiss prescrivait :
teinture de stramoine, teinture de belladone, teinture de lobélie aña 10,0, 20 gouttes en cas de crise d’asthme, 10 gouttes trois fois par jour en continu.

Apport de l’écorce de Quebracho en pathologie de l’arbre respiratoire
Le québracho (Aspidosperma quebracho-blanco SCHLECHT) est une plante qui intéresse
au plus haut point le médecin qui est obligé de combattre chez certains patients à la fois une insuffisance respiratoire (consécutive à un asthme ou à une bronchite chronique, ou encore à un emphysème ou à une sarcoïdose) avec insuffisance cardiaque (œdèmes, dyspnée d’effort, fatigabilité,...)

Cet arbre, de la famille des Apocynacées, est un evergreen de l’Argentine, du Brésil, du sud de la Bolivie et particulièrement du Chili, qui peut atteindre 35 mètres de haut. Son bois est bien connu par sa dureté ce que rapporte son nom tiré de l’espagnol (quebrar et hacha), signifiant que “la hache se brise”. Il est très utilisé pour le tannage.

Son écorce fut utilisée autrefois par la médecine traditionnelle andine contre la fièvre.
Introduite en Europe en 1878 elle connaît son heure de gloire dans le traitement des emphysèmes, des bronchites et asthme. Ses alcaloïdes sont toxiques.

Constituants principaux
• Elle contient six alcaloïdes indoliques (1 à 2,4%) : aspidospermine, aspidospermatine, aspidosamine, québrachine, hypoquébrachine et québrachamine. Parmi eux c’est la québrachine qui serait la plus active.
• sucres : québrachite et inosite lévogyre,
• tannin et amidon

Du point de vue pharmacoclinique
L’injection d’extrait de quebracho dans le système circulatoire entraîne une augmentation de la respiration profonde probablement par action directe du centre nerveux de la respiration. Avec une chute de la pression artérielle. Aspidospermine et québrachamine ont des effets de blocage adrénergique des tissus urogénitaux comme la yohimbine !

Il est encore licite d’utiliser pour le grand bien des patients de la teinture d’écorce de quebracho dans :
• asthme
• insuffisance respiratoire par encombrement bronchitique
• défaillance du couple coeur/poumon
• emphysème et sclérose pulmonaire

L’effet tonique peut être intéressant mais uniquement si la drogue est associée à un autre tonique. Son effet fébrifuge reste intéressant dans des bronchopathies traînantes avec fièvre. Il est conseillé de donner des doses faibles de 20 gouttes, éventuellement à répéter 2 à 3 fois par jour, avec surveillance clinique.

Toxicité :
Il s’agit de convulsions et de paralysie par utilisation des alcaloïdes (et non de l’extrait qui reste un antimalarique en Amérique du Sud).

Mode d’emploi
La décoction d’écorce de québracho blanc : 10g d’écorce pour 200 ml d’eau pendant 10 minutes. La formule de Peyer (in Madaus)
• Lavande fleur - Eucalyptus feuille aña 5 - Quebracho écorce
• Sauge feuille - Pulmonaire herbe - Sassafras racine aña 15 - Coques de cacao 30
2 cuillerées à thé du mélange pour 2 tasses d’eau.

Quand on utilise une préparation on peut donner 1 à 2 cuillères à thé de teinture trois fois par jour, ou trois fois par jour 20 à 50 d’extrait fluide.

Dr Goetz Paul Strasbourg
Rédacteur en chef de la Nouvelle revue de Phytothérapie Pratique
Chargé d'enseignement de phytothérapie clinique à la Faculté de Médecine Paris XIII.

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