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Réentraînement à l’effort... et qualité de vie



De nombreuses enquêtes menées ces dernières années révèlent que les deux éléments qui contribuent le plus à dégrader la qualité de vie des insuffisants respiratoires chroniques sont la dyspnée et la limitation de la tolérance à l’effort. Ces deux symptômes, étroitement liés l’un à l’autre, entraînent une perte progressive de la mobilité qui perturbe la vie sociale, développe un sentiments d’isolement, de dévalorisation, de dépendance, qui à son tour, engendre tristesse, tendance dépressive, anxiété…

La cause première de cette incapacité croissante à l’effort physique est évidemment la
mauvaise oxygénation de l’organisme du fait de l’affection broncho pulmonaire dont souffre le handicapé respiratoire. Mais un autre élément s’y ajoute chez le malade qui se réfugie dans l’inactivité : à mesure que le temps passe, la musculature s’affaiblit, son fonctionnement s’altère, les sources d’énergie auxquelles elle fait appel se modifient. Il s’agit d’un véritable « déconditionnement » musculaire, dont on connaît aujourd’hui parfaitement les mécanismes biologiques complexes et leur conséquence majeure : pour un même effort musculaire, l’essoufflement apparaît de plus en plus tôt, ce qui amène l’insuffisant respiratoire à diminuer progressivement son activité physique, créant ainsi un véritable cercle vicieux. Une maladie musculaire secondaire s’installe, que seul un exercice régulier peut éviter, enrayer ou corriger.

En fait, le réentraînement à l’effort devrait faire partie intégrante du traitement de toute
personne souffrant de handicap respiratoire, au même titre que les médicaments utilisés pour le traitement de la maladie respiratoire causale, que la kinésithérapie et la gymnastique respiratoire destinées à améliorer les possibilités ventilatoires encore disponibles, et au même titre que l'oxygénothérapie lorsque celle-ci est nécessaire.

L’objet de cet article est d’exposer succinctement comment mettre en œuvre cette réadaptation à l’effort, les contraintes qu’elle suppose et les résultats qu’on peut en attendre. Les principes du réentraînement à l’effort sont simples : il s’agit d’assurer aux muscles un fonctionnement normal, et pour cela, leur imposer régulièrement une activité d’une intensité et d’une durée suffisantes, et bien entendu adaptées aux possibilités du patient.

La première étape à franchir est l’évaluation de l’aptitude du malade à reprendre une
activité physique, lorsque la maladie responsable de l’insuffisance respiratoire est stabilisée, par un bilan fonctionnel au repos qui situe les caractéristiques du handicap respiratoire. La seconde étape est une épreuve d’effort contrôlée, à charge croissante, indispensable pour déterminer l’intensité de l’exercice que le malade aura à réaliser, en prenant en compte son âge, sa condition physique, en veillant à ne pas dépasser ses possibilités d’adaptation respiratoire et cardiaque, et à maintenir un équilibre satisfaisant des gaz du sang, en particulier chez ceux qui sont soumis à une oxygénothérapie de suppléance.

L’analyse de ces données permet de préciser l’effort à développer pour que les muscles retrouvent une activité normale, en donnant au malade les indications pratiques sur son exécution, en fonction du type d’exercice qui lui convient le mieux : la marche, la bicyclette ergométrique, la natation… Ce qu’il faut retenir, c’est que pour être utile, le travail musculaire fourni doit être suffisamment intense, prolongé (30 à 45 mn) et répété (3 fois par semaine au moins). C’est à ces conditions que le cercle vicieux du déconditionnement musculaire sera évité ou rompu.

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