La
fièvre
Extrait de « La Voix de l’ALRIR »
n° 16
Paru en décembre 1999 dans SOUFFLE D’AMITIE
n° 28

Chez
l’homme normal, la température du corps varie
très peu, même lors des changements importants
de la température ambiante. Par contre, des exercices
violents et prolongés, tel un marathon, peuvent
provoquer une hausse de température corporelle
de 3 ou 4 degrés, cette augmentation de température
est en principe compensée par une vasodilatation
cutanée et une hyperventilation. Si l’effort
se prolonge, ces mécanismes de régulation
deviennent insuffisants, le sportif peut présenter
une hyperthermie ou coup de chaleur pouvant provoquer
la mort en quelques heures.
LA
TEMPÉRATURE CORPORELLE NORMALE N’A PAS DE
VALEUR ABSOLUE
Il est difficile de fixer de façon rigoureuse,
la valeur normale de la température du
corps. Il existe en effet de petites variations individuelles
ou temporelles (la température du corps varie au
cours de la journée). Ces variations ne pouvant
excéder 0,5 degré en plus ou en moins, une
température comprise entre 36,5 et 37,5 degrés
sera admise comme normale.
Une
température anale de 36,5 est fréquemment
observée le matin au lever, puis, elle
ne cesse de croître au cours de la journée
pour atteindre 37,5 entre 18 et 22 heures, elle s’abaisse
ensuite jusqu’à son seuil minimal entre 2
et 4 heures du matin.
Cette courbe n’est modifiée ni chez les sujets
travaillant la nuit et dormant le jour, ni
lors d’épisodes fébriles. Chez l’enfant,
la température du corps est plus variable et est
fréquemment l’objet de hausses transitoires
lors d’une activité physique intense ou de
fortes élévations de la température
ambiante.
LA
FIÈVRE : SOUVENT LE PREMIER SIGNE DE LA MALADIE
Presque toutes les maladies, et plus particulièrement
les maladies infectieuses,
s’accompagnent d’une augmentation de la température
c’est à dire de la fièvre.
Au début de la fièvre, le malade réagit
comme s’il avait froid et son corps met en
œuvre des processus de conservation de la chaleur.
Il présente des frissons (contractions musculaires
qui augmentent la production de la chaleur) et une pâleur
du visage due à une vasoconstriction périphérique
(phénomène permettant de réduire
la transpiration).
Dès
que la cause de la fièvre disparaît, le malade
réagit comme s’il avait chaud et met
en œuvre les processus lui permettant de réduire
sa température corporelle : transpiration, vasodilatation
cutanée, etc… La fièvre est donc un
élément important dans l’appréciation
de l’état du malade, il faut se garder de
la faire disparaître trop rapidement par l’utilisation
de doses importantes d’antipyrétique. (1)
LORSQUE
LA FIÈVRE ATTEINT UN SEUIL CRITIQUE
Des variations de 3 degrés par rapport à
la température normale, c’est à dire
une fièvre
allant jusqu’à 40 degrés, n’exercent
sur les fonctions vitales aucune influence appréciable.
Au-dessus de 41 degrés il se produit généralement
des convulsions chez l’enfant. Au-delà de
42 degrés le cerveau peut présenter des
lésions irréversibles, probablement dues
à la dégradation de certaines protéines.
La mort intervient à une température de
44 degrés. Le traitement symptomatique de la fièvre
ne se justifie que lorsqu’elle atteint des valeurs
dangereuses ou lorsqu’elle est la cause de malaises
tels que céphalées importantes, myalgies
(2), arthralgies (3) , etc…
L’ANTIPYRÉTIQUE
EN PETITE DOSE, MAIS PLUS SOUVENT
Une forte dose d’antipyrétique (aspirine
ou paracétamol) provoquera, certes, une chute
rapide de la température mais au prix d’une
sudation importante. La perte liquidienne qui en résulte
peut être à l’origine d’une diminution
alarmante de la pression artérielle. Il est de
loin préférable d’administrer ce type
de médication de façon régulière
(par exemple, toutes les 2 ou 3 heures) et à de
petites doses afin de contenir la fièvre dans une
limite supportable pour le malade. Lorsque
la température anale dépasse 41,5 degrés,
il peut être utile de recourir aux bains froids
ou du moins à l’application de compresses
froides sur le corps.
QUE
PEUT CACHER LA FIÈVRE ?
Une augmentation de la température dénonce
le plus souvent une maladie infectieuse,
qu’elle soit due à une bactérie, un
virus, ou à un parasite. Mais beaucoup d’autres
circonstances pathologiques s’accompagnent de fièvre
:
• une fracture d’un membre, le plus souvent
une fracture ouverte, peut s’accompagner de fièvre
(on ne peut totalement exclure dans ce cas la présence
concomitante d’une
infection),
• certains cancers ou une leucémie peuvent
provoquer l’apparition d’épisodes fébriles,
• des accidents vasculaires comme des infarctus
sont également accompagnés d’une
augmentation de la température.
La
fièvre est parfois la seule manifestations pathologique
d’une maladie, il est toujours
important d’en rechercher la cause.
(1)
se dit d’un médicament qui combat la fièvre
(Ndlr)
(2) douleurs musculaires (Ndlr)
(3) douleurs articulaires (Ndlr)