Les
maladies infectieuses
UNE ETERNELLE MUTATION !

Face aux progrès de la médecine
et de l’hygiène, les épidémies
du XIXe siècle ont cédé du terrain,
mais il reste beaucoup à faire. L’homme doit
toujours faire face aux microbes. Alors qu’à
tout moment de nouveaux fléaux peuvent apparaître,
des maladies que l’on croyait appartenir au passé
ressurgissent même dans nos pays, en particulier
chez les plus défavorisés.
Pendant
ce temps, les bactéries et les virus font de la
résistance, et les traitements risquent, à
terme, de devenir de moins en moins efficaces. La recherche
reste en alerte pour contrecarrer l’éternelle
mutation.
L’homme
est toujours face aux microbes
Les maladies infectieuses menacent la vie et la santé
de l’homme depuis les temps les
plus reculés. Aujourd’hui encore, «
elles restent l’un des premiers fléaux de
l’humanité, avec 30% de mortalité
dans le monde », rapporte le professeur Didier Raoult
(faculté de médecine, Marseille). Au banc
des « accusés », des microbes : bactéries*,
virus* ou parasites*, présents partout dans l’environnement
de l’homme. Certains microbes élisent domicile
dans les aliments (listeria, salmonelles), ou dans les
eaux usées et stagnantes (vibrion cholérique,
rotavirus, virus de la poliomyélite), alors que
d’autres, plus subtils, trouvent refuge auprès
d’espèces animales comme les rongeurs, les
tiques, ou les moustiques, véritables réservoirs
à microbes qui transmettent la maladie à
l’homme. La vie des microbes est ainsi très
liée aux écosystèmes, dont la moindre
perturbation peut faire apparaître un nouveau fléau.
Exemple
historique : ce sont les rats qui, en
suivant pendant des années les routes de la soie
et des croisades, ont amené la peste noire du Moyen-Orient
à l’Europe.
Actuellement,
les pathologies infectieuses frappent essentiellement
les pays du Sud, là où, trop souvent, des
populations entières sont maintenues dans des conditions
d’hygiène et de pauvreté propices
aux pires épidémies. « Les maladies
respiratoires sont les plus meurtrières de la planète,
tuant 4,4 millions de personnes chaque année »,
déclare Didier Raoult. Viennent ensuite la tuberculose,
avec trois millions de victimes, et les maladies diarrhéiques,
pour la plupart des toxi-infections alimentaires telles
que la shigellose, le choléra, la typhoïde
ou les salmonelloses, qui provoquent elles aussi la mort
de trois millions d’enfants. Peu médiatisées,
mais très dévastatrices, ces maladies affectent
les populations les plus vulnérables, principalement
celles qui souffrent de malnutrition. Dans nos pays, les
microbes responsables des maladies diarrhéiques
n’ont pas disparu ; mais l’hygiène
est telle qu’ils ne se développent pas. En
revanche, dès qu’il y a une brèche
dans les systèmes de canalisations, des égouts
par exemple, ils refont aussitôt surface.
«
Une centaine de maladies ont émergé ces
trente dernières années », affirme
Didier
Raoult. « Il peut s’agir de maladies anciennes,
comme la tuberculose, qui ressurgit
actuellement en Europe et aux Etats-Unis, ou de maladies
plus rares qui n’avaient jamais été
diagnostiquées, mais qui existent certainement
depuis longtemps, comme la fièvre
hémorragique provoquée par le virus Ebola
», précise-t-il. Sans parler des nouvelles
maladies comme le sida, apparu au début des années
80, qui a déjà fait plus de 13,5 millions
de morts.
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