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LA PNEUMONIE A PNEUMOCOQUE
QUELS SONT LES SIGNES ET SYMPTÔMES DE LA PNEUMONIE ?
Extrait de AGIRA n° 50
Paru en décembre 2000 dans SOUFFLE D’AMITIE n°30

Suivant souvent une grippe, un rhume ou une angine, le début est aigu, marqué par une forte fièvre, un malaise général et un point de côté bloquant la respiration en coup de poignard.

Après 48 heures, l’examen fait apparaître des signes d’une congestion localisée du poumon. Cette congestion se traduit à la radiographie du thorax par une opacité souvent limitée à une partie du poumon : on parle de pneumonie franche lobaire aiguë.
Il y a des signes d’inflammation sanguine (augmentation de la vitesse de sédimentation,
augmentation des globules blancs).

QUELLE EST L’EVOLUTION DE LA PNEUMONIE ?
Les antibiotiques constituent le traitement efficace essentiel.
Mais un retard ou une difficulté de traitement peuvent avoir des conséquences fâcheuses : détresse respiratoire, effondrement de la tension artérielle, liquide purulent dans la plèvre, septicémie avec risque de méningite.

Des formes foudroyantes mortelles en quelques heures peuvent être observées, en particulier en cas de déficit de l’immunité et/ou d’alcoolisme avec malnutrition.

QUELS SONT LES FACTEURS DE RISQUE ?
• Le risque de contracter une pneumonie augmente avec l’âge.
• Il s’accroît avec le tabagisme, la vie en établissement de soins, les hospitalisations.
• Diverses affections chroniques représentent un risque élevé : bronchite chronique et
insuffisance respiratoire, insuffisance cardiaque, maladies neurologiques, diabète non
équilibré, alcoolisme…
• Certains états d’immunodépression prédisposent particulièrement à l’infection à
pneumocoque : le risque est multiplié par 300 après ablation de la rate, par 100 en cas
d’infection par le VIH. Il est élevé dans toutes les maladies s’accompagnant d’un déficit
en anticorps.

Ces facteurs de risques sont aussi des facteurs qui prédisposent aux formes graves des
pneumonies.

COMMENT ETABLIR LE DIAGNOSTIC ?
Le diagnostic certain de pneumonie à pneumocoque repose sur l’identification de la bactérie par un examen de laboratoire : sur l’expectoration prélevée dans les voies respiratoires (fibroscopie), la ponction d’une pleurésie, un prélèvement de sang en cas de septicémie.

Malheureusement, ces prélèvements sont invasifs et ne sont que très rarement pratiqués en dehors d’une hospitalisation. Cependant, même sans une identification certaine de la bactérie, quand une pneumonie est diagnostiquée en médecine de ville, le traitement antibiotique prescrit par le médecin traitant cible dans la plupart des cas le pneumocoque, car c’est le germe le plus fréquent et le plus redoutable. On parle de traitement antibiotique probabiliste. Par la suite, si la fièvre n’a pas baissé en 2 à 3 jours, le traitement doit être élargi à d’autres antibiotiques.

QUEL EST LE TRAITEMENT ?
L’antibiotique de référence pour le traitement des infections à pneumocoque est la pénicilline dont on utilise en règle générale un dérivé actif par voie buccale, l’amoxicilline.
Depuis quelques années, une résistance des pneumocoques vis à vis des antibiotiques est apparue. D’après les données du Registre National Français pour 1997, 48% des
pneumocoques sont de sensibilité diminuée à la pénicilline et aux antibiotiques de cette même famille. Parmi ces derniers, 75% sont résistants à plusieurs antibiotiques à la fois.
Cette résistance des pneumocoques aux antibiotiques complique le traitement.

En cas de suspicion de pneumonie à pneumocoque résistant :
• la dose d’antibiotique doit être augmentée
• ou d’autres antibiotiques doivent être prescrits.

QU’EST-CE QUE LE PNEUMOCOQUE ?
• Le pneumocoque est une bactérie responsable de la pneumonie la plus fréquente et la plus typique.
• Lorsque le pneumocoque passe dans le sang, il peut entraîner des infections (dites
« infections invasives à pneumocoque ») très graves, voire mortelles, telles que des
septicémies ou des méningites (il est la première cause de méningite chez l’adulte).
• Chaque année, surviennent en France environ 130 000 cas de pneumonies à
pneumocoques et 5 000 cas de septicémies et méningites provoquées par cette bactérie.
• On estime que, dans notre pays, le pneumocoque est la cause de 6 000 à 15 000 décès par an, dont 90% au delà de 60 ans.

QUELLE PREVENTION ADOPTER ?
Seule la vaccination permet de prévenir les formes graves des pneumonies et autres infections invasives à pneumocoque. Le vaccin pneumococcique protège contre 23 types de pneumocoques, parmi les 90 existants.

Ces 23 types représentent environ 90% des pneumocoques isolés au cours des pneumonies. Le vaccin est indiqué chez le sujet « à risque » à partir de 2 ans.
• Les sujets âgés de plus de 65 ans, particulièrement ceux vivant en institution.
• Les sujets fragilisés par certaines maladies (diabète, bronchites chronique, insuffisance
respiratoire, insuffisance cardiaque, terrain alcoolo-tabagique…)
• Les personnes avec un système immunitaire diminué (par exemple splénectomisées).

Source Vidal 1999 - C.N.M.R.T. (Paris)
LE QUOTIDIEN DU MEDECIN

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