ANALYSE
DE SANG : apprenez à la décrypter

Patraque,
fatigué ?
Une
analyse de sang permet au médecin de pratiquer
plusieurs examens.L’analyse de sang aide le médecin
à vérifier notre état de santé
général, à confirmer ou infirmer
un diagnostic, voire à affiner un traitement. On
la pratique généralement le matin à
jeun et ses résultats sont souvent disponibles
le soir-même.
Les
examens sont effectués sur les globules (rouges
et blancs), les plaquettes et le plasma, et leurs résultats
comparés à des valeurs dites « de
référence ». Mais celles-ci varient
en fonction de l’âge, du sexe et d’éléments
particuliers tels que grossesse, prise de médicaments,
quantité d’aliments ou de boissons absorbée
la veille… Elles peuvent également différer
d’un laboratoire à l’autre, en fonction
des techniques et des matériels utilisés.
Alors, inutile de paniquer si vos chiffres sont inférieurs
ou supérieurs aux standards affichés. D’autant
que certains d’entre eux ne s’interprètent
pas isolément. La seule ligne de conduite à
tenir : retourner voir le médecin pour qu’il
vous indique la marche à suivre.
La
numération formule sanguine (NFS), pour détecter
anémie et carences.
C’est l’examen le plus prescrit pour dépister
une maladie inflammatoire, infectieuse ou une anémie.
Il comporte quatre paramètres principaux.
Les
hématies : communément appelées
globules rouges, elles doivent leur couleur à la
protéine qu’elles transportent, l’hémoglobine.
Connaître leur nombre est important, car, comme
elles transportent le fer dans l’organisme, leur
baisse est généralement révélatrice
d’anémie (insuffisance en fer). Examiner
leur taille donne aussi certaines indications : petites,
elles évoquent une carence en fer ou des maladies
de l’hémoglobine. Grosses, elles orientent
vers des carences vitaminiques (B12, B9…).
Le taux d’hémoglobine
: cette protéine, présente
à l’intérieur des globules rouges,
fixe l’oxygène au niveau des poumons, puis
le véhicule pour le libérer au niveau des
organes. Son taux est bas en cas d’anémie.
Le taux d’hématocrites
: c’est le rapport entre le volume
des constituants du sang (globules rouges, globules blancs,
plaquettes) et le volume de plasma, le liquide dans lequel
baignent ces éléments. Là encore,
c’est pour le médecin un élément
de diagnostic d’anémie (si le taux est faible,
le volume de plasma est très supérieur au
volume des éléments du sang) ou un indicateur
de l’état de déshydratation du patient
(si le taux est élevé, le volume de plasma
est faible).
Les leucocytes :
On les appelle aussi globules blancs. Ces cellules du
système immunitaire voient leur nombre s’élever
en cas d’infection ou d’inflammation. Il en
existe différentes sortes, qu’on met en évidence
en faisant une formule leucocytaire.La formule leucocytaire
pour révéler une inflammation ou une infection.
Elle consiste à dénombrer différentes
familles de globules blancs.
Les polynucléaires
neutrophiles : leur surnombre révèle
généralement un état infectieux d’origine
bactérienne, tandis que leur insuffisance est plutôt
due à une infection virale ou à la prise
de certains médicaments.
Les cellules mononucléaires (lymphocytes, monocytes)
:
elles diffèrent des polynucléaires neutrophiles
par leur aspect et leur fonctionnement : leur teneur est
souvent élevée dans les maladies virales.
Les polynucléaires
éosinophiles : on les trouve en
quantité importante dans les cas d’allergie
ou les affections parasitaires.
La
vitesse de sédimentation, la numération
et les examens biochimiques des plaquettes.
La
vitesse de sédimentation correspond au temps mis
par les globules rouges pour se séparer du plasma.
Plus ils se séparent vite, plus l’inflammation
est importante. Pour le médecin, c’est le
moyen de dépister et de surveiller une maladie
ou un processus inflammatoire (rhumatismes, polyarthrite)
qui peut se manifester par une hausse des protéines
de l’inflammation.
• Il est essentiel de doser les plaquettes sanguines
dans le cadre d’un bilan pré-opératoire,
afin de détecter un problème de coagulation,
ou en surveillance de certains traitements anticoagulants
susceptibles de faire chuter leur taux. Leur augmentation
peut, quant à elle, s’observer au cours de
maladies inflammatoires.
•
Les examens biochimiques permettent d’analyser les
constituants du plasma, ce liquide dans lequel baignent
les cellules sanguines. Si le médecin cherche à
mettre en évidence un facteur de risque cardio-vasculaire
– hypercholestérolémie ou diabète
-, il fera procéder à un dosage cholestérol/triglycérides
et à une glycémie à jeun. S’il
cherche à détecter un mauvais fonctionnement
rénal, il prescrira un dosage de créatinine.
Son taux augmente en cas d’insuffisance rénale.
Des
bilans complets
Une simple analyse de sang permet également d’effectuer
toutes sortes de bilans. Par exemple :
• un bilan viral (hépatites A, B et C, mononucléose
infectieuse, cytomégalovirus, sida…) ;
• un bilan organique centré sur le foie,
le rein et les muscles (insuffisance rénale, hépatique,
dysfonctionnement pancréatique, myopathie…)
;
• un bilan endocrinien avec dosage de l’hormone
thyroïdienne, du cortisol et de la prolactine (hyper
ou hypothyroïdie…) ;
• un bilan auto-immun (lupus, polyarthrite rhumatoïde…)
;
• un bilan inflammatoire (abcès dentaire,
maladie de Lyme, tuberculose, cancer…) ;
Grâce
aux progrès accomplis dans le domaine des biotechnologies,
on peut également, à partir d’une
prise de sang, identifier des pathologies qui nécessitaient
hier des examens approfondis, voire qu’on ne savait
pas détecter à temps. C’est le cas
pour l’infarctus ou l’insuffisance cardiaque.
Tout comme on peut vérifier l’efficacité
d’un traitement, par exemple en cas de cancer :
en dosant certaines protéines, on suit l’évolution
de la maladie.
Clémence
CHRISTIANI
Extrait de : « DOSSIER FAMILIAL » Janvier
2004
Paru dans « SOUFFLE D’AMITIE » N°37
de Juin 2004