VACANCES
EN ITALIE
Pour
nos vacances de Pâques nous étions tentés
par une petite quinzaine à Kaltern dans le Tyrol
du Sud. Nous avions connu ce site à l’automne,
cinq ans plus tôt, avant que je ne sois oxygéno-dépendant.
Cette fois nous souhaitions y retourner au printemps pour
découvrir les champs de pommiers en fleurs.
Mais
tout d’abord ce voyage devait se préparer
avec mon prestataire pour la livraison de l’oxygène
non seulement en Italie mais aussi pour l’étape
intermédiaire au bord du Lac de Constance près
de Lindau (en Allemagne). Or faire livrer une cuve d’oxygène
juste pour une nuit revenait beaucoup trop cher.
Mon prestataire m’a donc procuré un concentrateur
d’oxygène qui peut se brancher aussi bien
sur le réseau électrique que sur l’allume-cigare
d’une voiture. Une petite merveille, pas plus grande
qu’un portable d’oxygène classique,
avec une autonomie de 40 minutes (le double avec la 2e
batterie !). Dans la voiture le bruit du moteur couvrait
le ronronnement de la machine, mais la nuit il a fallu
s’y habituer : un inconvénient mineur vu
les avantages par ailleurs !
Ainsi
équipés, le voyage en deux étapes
s’est bien déroulé, y compris pour
notre petite chienne Dona ! Durant tout le séjour,
nous avons profité du soleil et des températures
clémentes avec une nette avance sur le printemps
alsacien. Nous avons fait nos sorties pédestres
quotidiennes à mon rythme - qui n’est pas
celui du Club Vosgien – mais qui nous a tout de
même permis de profiter de la nature et de découvrir
quelques sites charmants.
Le
soir au dîner, nous goûtions toujours un verre
de vin de la région, connue non seulement pour
ses pommes mais aussi pour son vignoble : il faut savoir
que le nom italien de Kaltern est Caldaro sulla strada
del vino.
Un
seul petit problème faillit abréger notre
séjour : à deux jours du retour, mon réservoir
d’oxygène était quasi vide et cela
à la veille de la fête nationale. La réceptionniste
de l’hôtel et mon épouse se sont battues
au téléphone pendant plus d’une heure
dans quatre langues différentes pour obtenir satisfaction
: le soir même, je fus livré !
Le
retour fut un peu tristounet, car le ciel vira au gris
dès que nous eûmes franchi le col du Brenner.
Comme à l’aller, nous nous sommes arrêtés
au Bodensee pour la nuit, mais impossible de voir le lac
tant le brouillard était dense. En Alsace, ce n’était
pas le printemps non plus ! Heureusement nous avions pris
une longueur d’avance en Italie.
Ce
séjour a été un franc succès
pour moi car il m’a conforté dans l’idée
qu’il m’est encore possible de voyager, même
à l’étranger, malgré mon handicap.
Gilbert
Gehrard : Membre AMIRA